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Code du travail marocain : contrat, congés, licenciement et indemnités

Comprendre le Code du travail au Maroc : CDI et CDD, horaires, congés payés, procédure de licenciement, indemnités et délai de contestation.

Éditeur: Cabinet Maître Omar Elkamali

Main signant un document sur un bureau, illustration des relations de travail
Photo d’illustration — Pavel Danilyuk / Pexels

Mise à jour éditoriale : 14 octobre 2026.

Le Code du travail marocain encadre une grande partie des relations entre salariés et employeurs. Il permet de comprendre un contrat, de vérifier un droit au congé ou d'examiner les conséquences d'un licenciement. Pour l'utiliser correctement, il faut toutefois commencer par identifier la relation de travail, le secteur concerné et la nature du désaccord.

Ce guide présente les principales règles de la loi n° 65.99 : preuve du contrat, durée du travail, congés payés, procédure disciplinaire et indemnités. Il distingue les droits qui peuvent être réclamés et les documents nécessaires à leur examen. Un montant obtenu par une calculatrice ne remplace pas cette analyse.

Qui relève du Code du travail au Maroc ?

Le champ d'application comprend notamment les activités industrielles, commerciales, artisanales, agricoles et les services, dans les conditions fixées par le texte. Une appellation inscrite dans un document, comme « prestataire » ou « stagiaire », ne suffit pas à déterminer le régime applicable : il faut examiner la réalité de la relation et les éventuels textes particuliers.

Il ne faut pas confondre le droit du travail et les règles applicables à l'ensemble des agents publics. Les personnes soumises à un statut particulier, ainsi que les travailleurs domestiques relevant d'une législation spécifique, nécessitent une vérification distincte. Identifier le bon régime évite d'utiliser un délai ou une formule d'indemnisation inadaptés.

CDI, CDD et travail déterminé : quelles différences ?

L'article 16 distingue le contrat à durée indéterminée, le contrat à durée déterminée et le contrat conclu pour accomplir un travail déterminé. Le recours au CDD doit correspondre aux situations autorisées par la loi. La seule présence d'une date de fin ne règle donc pas toutes les questions de qualification.

ContratPoints à examiner
CDIDate d'embauche, fonction, rémunération, ancienneté et règles de rupture.
CDDMotif légal, durée, renouvellements et conséquences d'une rupture anticipée.
Travail déterminéMission prévue, conditions d'exécution et preuve de son achèvement.

Avant de signer, vérifiez les fonctions, le lieu de travail, le salaire et ses composantes, les horaires et les clauses particulières. La période d'essai doit être distinguée de la durée du contrat : elle obéit à ses propres règles.

Peut-on prouver un emploi sans contrat écrit ?

L'article 18 permet de prouver l'existence du contrat de travail par tous les moyens de preuve. L'absence d'écrit ne signifie donc pas automatiquement l'absence de droits.

Conservez les bulletins de paie, virements, échanges professionnels, documents de présence et autres éléments obtenus légalement. Leur valeur dépend de ce qu'ils établissent : un versement peut montrer une rémunération sans prouver à lui seul chaque condition d'emploi.

Salaire et heures supplémentaires : vérifier la base avant le calcul

La rémunération peut comporter un salaire de base, des primes, des avantages et des remboursements de frais. Ces éléments ne sont pas nécessairement traités de la même manière pour chaque indemnité. Un calcul fondé uniquement sur le dernier montant net viré peut ainsi être incomplet.

Le salaire minimum légal dépend des textes réglementaires applicables à l'activité et à la période concernée. Vérifiez le taux en vigueur avant de comparer votre rémunération à une somme trouvée dans un ancien article. Le contrat ou une convention collective peut prévoir des conditions plus favorables.

Pour les heures supplémentaires, établissez les dates, horaires et jours de repos concernés. Les majorations varient selon les conditions prévues par le Code ; il ne faut pas appliquer un pourcentage unique à toute heure supplémentaire. Les documents de planning et de présence peuvent être importants pour examiner la demande.

Quelle est la durée normale du travail ?

L'article 184 fixe, dans les activités non agricoles, une durée normale de 44 heures par semaine ou 2 288 heures par année. Pour les activités agricoles, la durée normale est de 2 496 heures par année, avec les modalités de répartition prévues pour ce secteur.

Ces repères doivent être lus avec les règles de répartition, les dérogations et les dispositions sectorielles. Les activités de gardiennage nécessitent notamment une vérification de l'article 193 et de son complément spécifique ; les chiffres généraux ne doivent pas être appliqués sans examiner le régime concerné.

Le repos hebdomadaire prévu à l'article 205 est d'au moins 24 heures consécutives. Il est distinct du congé annuel, des jours fériés et des autorisations d'absence.

Congés payés : durée et ancienneté

Sous réserve de conditions plus favorables, l'article 231 ouvre le droit au congé annuel payé après six mois de service continu dans la même entreprise ou chez le même employeur. Sa durée est fixée à :

  • un jour et demi de travail effectif par mois de service ;
  • deux jours de travail effectif par mois pour les salariés de moins de 18 ans.

L'article 232 ajoute un jour et demi par période entière de cinq années de service, continues ou non, sans porter le total au-delà de trente jours de travail effectif.

Pour un salarié majeur, douze mois de service pris en compte correspondent donc à une base de 18 jours de travail effectif, avant l'ancienneté supplémentaire ou une règle plus favorable. Il ne s'agit pas automatiquement de dix-huit jours calendaires consécutifs.

Conservez vos demandes de congé, les accords et le solde disponible. À la fin de la relation, il convient d'examiner les droits non consommés et leur éventuelle indemnisation selon les règles applicables.

Licenciement : motif et procédure doivent être examinés

L'article 35 exige un motif valable lié notamment à l'aptitude ou à la conduite du salarié, ou aux nécessités de fonctionnement de l'entreprise. L'article 36 écarte certains motifs portant atteinte à des droits protégés. Un désaccord entre les parties ne suffit pas, à lui seul, à qualifier la rupture d'abusive.

En matière disciplinaire, l'article 62 prévoit que le salarié puisse se défendre et être entendu, en présence du délégué des salariés ou du représentant syndical qu'il choisit. Cette audition intervient dans un délai ne dépassant pas huit jours à compter de la constatation de l'acte reproché. Un procès-verbal est établi et une copie est remise au salarié.

L'article 63 prévoit la remise de la décision en main propre contre reçu ou par lettre recommandée avec accusé de réception, dans les 48 heures suivant la décision. L'article 64 exige notamment les motifs et les éléments relatifs à l'audition.

L'employeur doit justifier le licenciement par un motif acceptable. Lorsque la rupture est contestée, il faut examiner les faits, leurs preuves, leur qualification et la procédure. La mention « faute grave » dans une lettre ne clôt pas cette analyse.

Quelles indemnités distinguer ?

L'indemnité de licenciement

L'article 52 vise le salarié en CDI licencié après six mois de travail dans la même entreprise, sous réserve des conditions de rupture et de droit à l'indemnité.

L'article 53 fixe un barème pour chaque année ou fraction d'année de travail effectif :

Tranche d'anciennetéHeures de salaire
Cinq premières années96 heures
De la sixième à la dixième année144 heures
De la onzième à la quinzième année192 heures
Au-delà de quinze ans240 heures

Les tranches s'appliquent successivement. Le taux de la dernière tranche ne s'applique pas à toutes les années antérieures. Selon l'article 55, la base est la moyenne des salaires perçus pendant les 52 semaines précédant la rupture, avec les éléments à prendre en compte selon l'article 57.

L'indemnité de préavis

Elle concerne le non-respect du préavis lorsqu'il est dû. Son examen nécessite de vérifier la catégorie du salarié, l'ancienneté, les règles applicables et les circonstances de la rupture. Elle ne se confond pas avec l'indemnité de licenciement.

Les dommages-intérêts pour licenciement abusif

L'article 41 prévoit une base d'un mois et demi de salaire par année ou fraction d'année, dans la limite de 36 mois. Cette règle doit être appliquée à une rupture qualifiée d'abusive et aux éléments du dossier. Le traitement d'une fraction d'année et le salaire retenu doivent être vérifiés ; une formule générale ne garantit pas le montant d'un jugement.

Les autres droits

Des salaires restant dus, droits à congé ou autres créances peuvent également être examinés. À l'inverse, la faute grave établie a des conséquences sur certaines indemnités selon l'article 61. Il faut donc analyser chaque poste séparément, et non annoncer une somme globale avant de qualifier la rupture.

Quel délai pour contester le licenciement ?

L'article 65 prévoit, sous peine de déchéance, un délai de 90 jours à compter de la réception de la décision de licenciement pour saisir le tribunal compétent. Ce délai doit être mentionné dans la décision.

Conservez la preuve de réception. En cas d'absence de décision écrite, de désaccord sur la notification ou de discussions en cours, faites vérifier rapidement la situation. Ne supposez pas qu'un courrier ou une négociation suspend automatiquement le délai.

L'inspection du travail et la conciliation peuvent intervenir selon les règles applicables. Une démarche amiable et une action judiciaire sont toutefois distinctes. Avant de signer un accord ou un reçu pour solde de tout compte, comprenez sa portée et les droits concernés.

Documents utiles pour préparer un dossier

Réunissez le contrat et ses avenants, les bulletins de paie, les preuves de paiement et d'ancienneté, les documents relatifs aux horaires et aux congés, ainsi que la convocation à l'audition, son procès-verbal et la décision de rupture s'ils existent.

Ajoutez une chronologie simple : date d'embauche, changements de poste, événements contestés, audition, décision et réception. Cette préparation permet de distinguer les demandes et de repérer rapidement un problème de preuve ou de délai.

Questions fréquentes

Une démission ouvre-t-elle automatiquement droit à l'indemnité de licenciement ?

Non. Démission et licenciement sont des modes de rupture différents. Des salaires ou droits à congé peuvent néanmoins rester dus. Si la démission est contestée, notamment pour contrainte, les faits et les preuves doivent être analysés.

La fin d'un CDD est-elle un licenciement abusif ?

L'arrivée du terme et la rupture anticipée doivent être distinguées. La validité du CDD et ses renouvellements doivent aussi être vérifiés avant de conclure sur les droits.

Une déclaration à la CNSS suffit-elle à établir tout le dossier ?

Elle peut être utile, mais ne prouve pas nécessairement tous les éléments de salaire, d'ancienneté ou de rupture. Les questions de protection sociale doivent être examinées avec leurs propres règles.

Peut-on calculer une indemnité uniquement avec le salaire mensuel et le nombre d'années ?

Ces données donnent un premier repère, mais peuvent être insuffisantes. La nature du contrat, le motif de rupture, les composantes de salaire, les périodes retenues et les éventuelles règles plus favorables influencent le calcul.

Préparer une consultation utile

Présentez vos documents et les dates importantes avant de demander un montant. L'objectif est de déterminer les droits réellement applicables, les preuves manquantes et les démarches à accomplir dans les délais. La version arabe du guide de la مدونة الشغل permet de retrouver ces repères pour un lectorat arabophone.

Ce guide apporte une information générale. Il ne remplace pas l'examen juridique d'un contrat, d'une décision ou d'un accord particulier.

Sources juridiques

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